Les Pays-Bas vont-ils autoriser les pilules du suicide ?

Aux Pays-Bas, De Laatste Wil est une association très particulière qui milite pour le droit de « mourir dans la dignité ». Le groupe a récemment annoncé avoir trouvé une solution médicamenteuse pour pouvoir se donner la mort rapidement. Depuis, la nouvelle fait polémique et n’a pas manqué de relancer le débat sur le suicide assisté. Le gouvernement néerlandais va-t-il autoriser le lancement, ainsi que l’utilisation d’un tel « médicament » ?

Un « médicament » pour mettre fin à ses jours

L’association De Laatste Wil, dont le nom veut dire « La dernière volonté », compte aujourd’hui plus de 3 500 membres qui ont une moyenne d’âge de 70 ans. Le groupe revendique le droit de se donner la mort, et pas seulement quand on est atteint d’une maladie incurable ou bien trop douloureuse. Depuis peu, le collectif parle d’un moyen rapide pour se suicider chez soi, sans avoir besoin d’être assisté par un médecin comme c’est le cas de l’euthanasie.

suicide

Il ne s’agirait pas d’un médicament à proprement parler, mais plutôt d’une poudre « qui provoquerait des maux de tête avant de plonger le sujet dans le coma ». L’association affirme que le produit en question est parfaitement légal, mais sans pour autant préciser de quoi il s’agit.

Suicide assisté, le débat est de nouveau lancé

Pour François Damas, médecin intensiviste à l’hôpital de la Citadelle et ex-membre de la commission euthanasie, l’idée d’une « pilule du suicide » n’est pas la solution pour mourir dignement. « Si on veut que les gens meurent dans de bonnes conditions, ce n’est pas cela qu’il faut leur proposer ». Concernant la fiabilité de la poudre, il fait remarquer que les maux de tête pourraient ne pas être les seuls symptômes douloureux entrainés par la prise du produit : « on peut imaginer des troubles digestifs, des douleurs abdominales, des vomissements ». 

pr Damas Francois

« Si une personne veut mourir dans de bonnes conditions, entourée par les siens, [la pilule du suicide] n’est pas un tableau à offrir. Je pense que la mort médicalement assistée, comme le prévoit […] la loi hollandaise, est suffisante à cet égard », conclut-il. Rappelons qu’il parle ici de l’euthanasie qui est autorisée depuis 15 ans aux Pays-Bas, mais aussi en Belgique.

Pays-Bas, après l’euthanasie la pilule du suicide ?

Cela fait une quinzaine d’années que l’euthanasie est une pratique légale aux Pays-Bas. Autorisée en 2001, il s’agit d’une solution radicale principalement destinée aux personnes malades qui endurent une souffrance « insupportable et sans perspective d’amélioration ». Outre les souffrances physiques, cette pratique concerne également les personnes atteintes de démences et certaines maladies mentales.  Il est possible de demander l’euthanasie dès l’âge de 12 ans et plus. Quinze ans plus tard et cette légalisation fait toujours autant polémique à travers le monde.

L’initiative du gouvernement néerlandais ne s’arrête cependant pas là. Depuis 2016, l’État envisage en effet d’autoriser le suicide assisté des personnes âgées qui estiment avoir « accompli » leur vie et souhaitent quitter ce monde avec dignité. Faudra-t-il ainsi s’attendre à ce que le médicament du suicide trouvé par l’association De Laatste Wil soit bientôt autorisé ? Cela se pourrait, car d’après un sondage effectué l’année dernière, 64 % des Néerlandais sont favorables ce qu’une « pilule de fin de vie » soit mise à disposition des personnes âgées qui souhaitent mettre fin à leurs jours.

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